Peinture ?
Ecriture plutôt, qui saisit les formes, les couleurs, les mots, les graphismes au vol d’une vision plus spatiale que picturale. Les œuvres de Nataly Goubet éclatent dans l’espace de ses formats, nous parviennent comme les sons disparates d’un imaginaire et vaste hall de gare, sonore de tous les éclats colorés qui y résonnent. Rien n’est distinct, sauf une vitalité essentielle, qui parfois frappe le regard comme un graffiti ou un slogan rageur, parfois entre dans la complexité d’une surcharge jamais saturée, d’une insistance qui reste dans la suggestion et pour lesquelles les titres ne nous serons d’aucun secours. Tout ensemble : couleur, comprise comme élément vital et graphique,
Jamais loin d’une figuration non élucidée, écriture en notations brèves et indéchiffrables, matière produite par la seule insistance de la couleur, titres qui font encore diversion : tout est emporté dans une énergie positive, lumineuse, dans un mouvement qui semble relever du mouvement perpétuel.

Urbaine, cette peinture l’est sans doute, mais c’est toujours de la vie immédiate qu’elle parle, très près de notre sensibilité et de notre conception de l’espace aujourd’hui, de la vie actuelle mais aussi de la nature, la plus proche qu’il soit puisqu’il s’agit toujours de la nature humaine.

Daniel Lacomme, 13 avril 2014

(Un grand merci à Daniel qui m’a beaucoup touchée en écrivant ce texte) ***********************************************************

QUI PARLE D’ABSTRACTION?

Marquée dès l’enfance par la violence des couleurs sans transition de Van Gogh,
elle s’est nourrie entre autre de la virtuosité des encres de Tiepolo, du dessin de Picasso, des masses tendues aux couleurs vibrantes de De Stael, des traces brutes de Tapiès ou de Twombly.

Soulignée d’un graphisme lettré, gestuelle, tout en aplats de couleurs et en griffures, la peinture de Nataly Goubet porte son sujet. Un vécu.
Dans son travail, le geste est prémédité mais libre de hasard.
Ses compositions où le blanc est habité oscillent entre chaos et équilibre.
Face à cette peinture, soyez voyeur!
Laissez à votre regard le temps de déshabiller ces toiles.

Who talks of abstraction?
From childhood, marked by the sheer violence of Van-Gogh’s colours she was fed, among others, by Tiepolo’s virtuoso inks, by Picasso’s drawings, by the vibrant and strained colour masses of De-Stael, by the raw traces of Tapiès or Twombly.
Nervous graphics, gestures, scratched plain colours, the paint of Nataly Goubet bear its own subject; its own living
In her work, the gesture is premeditated but also given a chance to hazard
Her work is deliberate yet adventurous and her compositions that colonise white surfaces vacillate between order and chaos.
Facing these paintings; be a voyeur!
Give your eyes time to undress them.

J-F Blanc

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LES TABLEAUX DE NATALY

Qui parle d’abstraction ?
Réels, incorporés dans une surface plane, les objets – dessins et couleurs – de Nataly déterminent un monde.
A découvrir.
Ce qu’ il n’ est pas : une image approximative de notre planète, ni ses douceurs, ni ses cruautés, ni son indifférence, ni ses harmonies.
Chaque forme – toujours à deux dimensions, la troisième superbement absente – ignore l’autre , les autres. Nul dialogue.
Dessins et couleurs créent des existences indépendantes. Pourquoi sont-elles rassemblées sur cette toile, ces toiles ?
D’ où naissent-elles ? Quel destin ?
Mystère !
Ces formes ne sont-elles que des taches ?
Est-ce à dire que chaque tableau est une esquisse du vide ?
Ces objets ne sont pas là par hasard. Des signes, amorces de lettres, des mots, les accompagnent.
Ces objets, ces êtres ont un sens.
A dévoiler.
Les êtres de Nataly prolongent la quête de l’ Etre. Une vieille, très vieille histoire.
Qu’ elle raconte à sa manière .

P.Monge